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Transports.Uber n’a pas dit son dernier mot à Londres

En retirant à Uber le droit d’exercer sur son territoire, la capitale britannique a suscité la colère de nombreux habitants. Une pétition de soutien, lancée par l’entreprise, a déjà recueilli 730 000 signatures. Objectif : atteindre le million.

C’est une décision qui a fait couler beaucoup d’encre outre-Manche. Vendredi 22 septembre, Londres a décidé de retirer à Uber son droit d’exercer dans la capitale britannique. Transport for London, l’organisme public responsable des transports en commun, a prétexté que la compagnie de véhicules avec chauffeur n’était “ni apte ni légitime” à détenir une licence, qui ne lui sera donc pas renouvelée après expiration, le 30 septembre.

Qu’a donc fait Uber pour mériter une telle sentence ? Selon Transport for London, l’entreprise californienne – qui a depuis fait appel de la décision – n’aurait pas assez pris au sérieux les infractions commises par ses chauffeurs, notamment les agressions sexuelles et les actes de harcèlement, pourtant de plus en plus fréquents.

Uber n’aurait pas non plus fait le nécessaire pour vérifier la bonne santé de ses conducteurs ni leur capacité à assurer la sécurité des passagers. L’utilisation d’un logiciel secret pour esquiver les contrôles des forces de l’ordre aurait achevé de convaincre l’organisme public, qui a depuis reçu le soutien du maire de Londres, Sadiq Khan.

Il n’en fallait pas plus pour rendre les Londoniens furieux”, note le Financial Times. Selon le quotidien britannique, si la colère s’est si vite emparée des habitants – la pétition de soutien lancée par Uber a recueilli 730 000 signatures en trois jours – c’est simplement que cette application a pris une place prépondérante dans leurs vies.

Une légion de fans dévoués

Sous son ancien directeur général, Travis Kalanick, Uber a fait le pari assumé d’ignorer toutes les règles, tout simplement parce que l’entreprise était convaincue que ses services étaient irrésistibles.” Résultat : “Uber a toujours une légion de fans dévoués.”

Londres ne compte pas moins de 40 000 chauffeurs aujourd’hui enregistrés sur la plateforme, qui continuera de fonctionner tant que la justice britannique n’aura pas statué sur la décision d’Uber de faire appel.

Ce n’est d’ailleurs pas le seul rendez-vous de l’entreprise américaine avec la justice, puisqu’elle doit être entendue le 27 septembre par un tribunal londonien sur une autre affaire. En novembre 2016, un juge a estimé que les chauffeurs étaient des salariés et non des sous-traitants indépendants, ce qui implique leur droit à un salaire minimum et à des congés payés. Si ce jugement était confirmé, il s’agirait d’une petite révolution pour l’entreprise de la Silicon Valley.

Courrier International

Claire Gounon

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